Une hiérarchie parfaitement établie
Star étoilée du Gault Millau ou modeste
chef d'un restaurantde quartier, le cuisinier élabore des recettes
savoureuses dans le mystère de sa cuisine. Créateur
inspiré, il exerce un art difficile et passionnant. Ses responsabilités
dépendent, d'une part de son grade au sein de la hiérarchie
qui règne en cuisine, d'autre part de l'importance et de la
catégorie du restaurant qui l'emploie. Du commis au chef de
cuisine en passant par les chefs de partie, les grands établissements
emploient de véritables brigades, où chacun intervient
à son niveau pour faire tourner la cuisine .
En haut de l'échelle, le chef dirige l'ensemble des cuisiniers,
organise les tâches et fait respecter les normes d'hygiène.
Il élabore les recettes et les menus, en tenant compte des
stocks de marchandises, des possibilités d'approvisionnement,
de la saison, du type de clientèle, des menus réalisés
les semaines précédentes... Il calcule le prix de revient
des plats et évalue les stocks de produits, afin de commander
ce dont il a besoin. Il passe ensuite ses commandes, soit sur le lieu
de vente (marché, poissonnier, abattoirs...), soit auprès
de fournisseurs attitrés, et contrôle les livraisons.
Enfin, aucune assiette ne part en salle sans son approbation !
Un cran au-dessous, le chef de partie a la responsabilité d'une
spécialité ou d'une partie du menu, il organise et contrôle
le travail des commis et des apprentis. Ce cuisinier expérimenté
confectionne les mets, surveille les cuissons, et termine certaines
préparations au moment du service (découpe de viandes
ou de charcuteries, ouverture de coquillages...).
Le commis de cuisine, enfin, participe à la confection des
entrées et aux préparations de base. Il est là
pour apprendre et soulage les cuisiniers des tâches les plus
fastidieuses (épluchage et éminçage des légumes,
vidage et flambage des volailles, préparation des pièces
de viande...), avec le concours de l'aide-cuisinier (apprenti ou stagiaire).
Tous deux assurent également une grande partie de l'entretien
des lieux et du matériel de cuisine.
Dans les petits restaurants, un seul cuisinier assume l'ensemble de
ces tâches, avec, éventuellement, un aide spécialisé
dans une partie du menu.
Dans un restaurant fonctionnant en libre-service, le cuisinier peut
aussi assurer le service. Chez un traiteur enfin, il est amené
à finaliser les préparations chez les clients. En règle
générale, des déplacements à l'extérieur
sont souvent nécessaires pour se rendre chez des fournisseurs
ou au marché.
L'embarras du choix
Restaurants de chaînes hôtelières , restaurants
traditionnels , gastronomiques ou de collectivité, nouvelle
restauration (pizzerias , crêperies )... En matière d'employeurs,
le cuisinier a l'embarras du choix! Souvent en poste dans les restaurants
et les cafés , il peut aussi trouver sa place dans l'hôtellerie
ou dans les services de restauration des transports. Par ailleurs,
un cuisinier sur trois exerce dans la fonction publique : cantines
des collèges et lycées , des administrations ...
Les conditions de travail varient selon les établissements
mais sont toujours difficiles. Le cuisinier travaille debout, exposé
à la chaleur des plaques de cuisson, aux vapeurs de cuisine
et aux basses températures des chambres froides. Stress des
commandes qui affluent, coups de feu aux heures des repas, travail
le dimanche et les jours fériés, périodes de
pointe en haute saison... sont aussi le lot des cuisiniers exerçant
dans la restauration commerciale. En règle générale,
ils travaillent de 9 h à 15 h et de 18 h à 23 h : pas
facile, dans ces conditions, de concilier vie professionnelle et vie
privée ! En cuisine de collectivité cependant, les horaires
sont plus réguliers et les week-ends sont libres.
Le cuisinier peut occuper des postes saisonniers, notamment sur les
plages ou dans les stations de ski. Nombre de professionnels, enfin,
tentent leur chance à l'étranger : États-Unis,
Grande-Bretagne, Australie... partout dans le monde, on raffole de
la gastronomie française !
Le CAP cuisine, le BEP métiers
de la restauration et de l'hôtellerie dominante production culinaire,
le bac pro restauration et le bac techno hôtellerie sont autant
de diplômes donnant accès aux fourneaux. Le BTS hôtellerie-restauration,
option B art culinaire, art de la table et du service, permet d'occuper
un emploi de premier commis ou de chef de partie.
Par ailleurs, le BP cuisine (une excellente formation) est accessible
aux personnes titulaires d'un CAP ou d'un BEP ayant travaillé
au moins deux ans (y compris comme apprentis) et aux personnes sans
diplôme ayant travaillé cinq ans. Quant à la MC
cuisinier en desserts de restaurant, qui s'obtient en un an après
le CAP ou le BEP, elle peut constituer un plus pour intégrer
un restaurant gastronomique.
Mais, quels que soient leurs diplômes, les jeunes commencent
leur carrière au bas de l'échelle.